Hommage à Bertrand Sonnay
Bertrand Sonnay, notre tonton d’Ecopol, nous a quitté subitement en ce mois de novembre 2025.
Bien trop tôt. Il aurait eu 70 ans le 4 mars 2026.
Co-fondateur de notre Smala dès 1993, ange gardien des écovillages, président de la Smala puis d’APTES, mais surtout ami, conseiller visionnaire les pieds sur terre, toujours à l’écoute de chacun.e, on n’en revient pas de son départ soudain.
Il avait toujours le bon mot. Touche à tout, autodidacte, il pouvait à la fois nous faire la surprise d’apporter le brunch du dimanche à notre communauté de Grandvaux, au passage trouver des solutions à des casse-têtes bureaucratiques (expert en autorisation de manifestation !), nous dégotter sur le champ du crottin de cheval pour fertiliser nos sols, apporter nombre de beaux meubles d’occasion qui embellissent nos écolieux, puis reformuler en deux coups de cuillères à pot une stratégie de communication institutionnelle ou juridique, entre deux téléphones pour d’autres associations qu’il aidait avec tout autant de bienveillance éclairée.
Bertrand ne prenait presque jamais d’avion, s’engageait sans faiblir sur de nombreux combats pour plus de justice sociale, secouait la politique locale tout en restant citoyen indépendant d’esprit, sachant tant entreprendre qu’aider. Notre région lémanique lui doit notamment le référendum pour préserver le sublime parc de l’Hermitage à Lausanne d’une grosse construction en béton dans les 90’s, et se souviendra de son programme avant-guardiste pour le budget participatif dans les quartiers que 10% des Lausannois ont choisi aux élections municipales de l’an 2000.
Ces 20 dernières années, en plein défi à contre-courant de l’immobilier spéculatif et individualiste pour créer des écovillages résistant à l’hyperindividualisme ambiant, on a souvent dû trouver en urgence des solutions à des situations compliquées pour ouvrir de nouvelles portes dans l’art de rester unis et solidaires (dans ce monde si décousu), et bien souvent on a dit “on va demander à Bertrand”. Il nous répondait “et si on essayait de…” puis nous co-pilotait dans des manoeuvres salvatrices qui ont permis aux écovillages d’apprendre en faisant avec lui, se renforcer et de durer en résilience.
Bertrand refusait aussi les honneurs, les remerciements, toujours au service de causes avec humilité. Quand on arrivait à ses bureaux d’Ouchy, il était aux petits soins pour nous, alors qu’en plus il allait nous donner son temps et ses compétences pour des causes communes. Il célébrait la culture du don et l’esprit de solidarité. Il aidait littéralement des centaines d’autres associations et micro-entreprises. Oui, des centaines.
Politicien, entrepreneur, médiateur, écrivain public aidant les plus faibles sans compter, donnant tout, vraiment tout, notamment de nombreux réfugiés, reliant transition écologique et le vivre ensemble.
Il faut toujours défendre plus petit que soi disait-il si bien dans ce magnifique portrait de nos amis de 360° en 2022.
Mozart de l’humanisme créatif local, capitaine au grand coeur, il est décédé dans le plus grand dénuement. Quelle leçon ! Que d’émotions. Silence. Mais pas rideau, car il reste plus que présent dans nos coeurs. On gage que son héritage spirituel sera célébré pour longtemps.
Cher Bertrand, nous sommes fiers de t’avoir côtoyé, d’appris appris, jonglé et festoyé à tes côtés.
Où que tu soies, les mémoires de tes contributions à nos biens communs resteront vives longtemps dans nos écovillages.
Tendrement
