Le contrat social

Ce contrat social décrit les engagements concrets et vérifiables pris par les cohabitants et artisans qui animent les écolieux dit « Ecopol » de la Smala.

Petite présentation.

Voir aussi quelques aspects plus pratiques et concrets qui découlent de ce contrat social :

8 bonnes pratiques dans les espaces communs

1 – T’as ouvert ? Ferme.

2 – T’as allumé ? Éteint.

3 – T’as utilisé ? Nettoie, range, répare.

4 – Tu ne sais pas comment faire ? Demande de l’aide.

5 – Tu veux utiliser quelque chose qui n’est pas à toi ? Demande d’abord.

6 – Tu empruntes un truc ? Rends-le.

7 – Tu ne sais pas comment un objet fonctionne ? Prudence.

8 – C’est mis à disposition de tous ? N’en abuse pas.

Ce sont 8 petites suggestions de bien vivre ensemble, à copier et utiliser sans modération dans votre cafétéria, entrée d’immeuble, place de jeu, centre associatif…

9 principes du bien-vivre ensemble

1. PARTENAIRES. Gardons en tête que nous sommes des partenaires sociaux. L’union fait la force. Nous avons besoin les uns des autres.

2. ÉQUILIBRES. Trouvons nos rythmes et équilibres entre solitude, famille et communauté.

3. RESPONSABILITÉ. Prenons quelques engagements, et tenons-les.

4. COMMUNICATION NON VIOLENTE. Visons à avoir la parole impeccable, parlant juste le nécessaire, d’un ton agréable, sans mauvaises blagues ou mots injurieux. Ne commentons pas les fautes des autres, évitons les commérages.Et si nous n’y parvenons pas, pardonnons-nous dès que possible.

5. DIVERSITÉ D’OPINIONS. Ayons l’esprit ouvert, tant pour respecter les opinions des autres que pour savoir comment être en désaccord, paisiblement.

6. POSITIVITÉ. Ensemble, soyons gais et optimistes.Irradions autour de nous une atmosphère de gentillesse et de confiance.Louons les bonnes actions, même sans savoir qui les a faites.

7. EN PHASE. Évitons d’interférer dans les dynamiques existantes sans y être invités. Montrons de l’intérêt pour tout ce que les autres font ou aiment. Réjouissons-nous avec ceux qui se réjouissent, et soutenons ceux en détresse. Participons aux activités célébratives pour affermir nos liens.

8. GRATITUDE. Sachons dire merci de la manière qui convienne à chacun-e, reconnaître les contributions, être toujours capable d’exprimer de la gratitude.

9. CULTURE DU DON. Tentons d’éviter d’être mercenaires, ne faisons pas le bien de manière calculée.

Et si nous n’y parvenons pas parfois, pardonnons-nous vite, sans intermédiaires, simplement.

10 règles d’or de la dynamique communautaire de la Smala

Ces règles ont été rédigées dans le cadre d’un projet pédagogique Européen réalisé avec la Smala durant un atelier du camps d’été 2017 de Grandvaux sur la résilience communautaire.

1 – S’engager dans un processus d’apprentissage individuel et collectif permanent.

2 – S’écouter réciproquement, se donner la parole.

3 – Faire ce que l’on dit, et dire ce que l’on fait.

4 – Tout projet est attribué à un-e seul-e responsable, au mérite (qualité et quantité des contributions passées).

5 – Avant de se considérer comme déchargé des prestations que l’on s’est engagé-e à fournir, demander une validation à ses clients.

6 – Reconnaître l’incertitude en s’adaptant aux imprévus.

7 – Exprimer ses difficultés (souffrances, insatisfactions) aux personnes directement concernées, et non pas à des tiers (confidences, rumeurs…).

8 – Adopter un comportement plus modéré si on nous le demande (ma liberté s’arrête là où commence celle des autres).

9 – Pratiquer l’alerte préventive de conflits (communiquer ses propres limites à respecter) et la médiation si les limites sont franchies.

10 – Contribuer à faire évoluer et compléter ces règles après les avoir pratiquées quelque temps.

Dans la majorité des écolieux, le premier réflexe pour relier les participants autour d’un projet commun, c’est souvent de co-créer une charte avec des valeurs.

Souvent, comme à la Smala et son livret Ecopol, ces valeurs et cette charte tournent autour de mots-clés comme :

Vivre ensemble. Créativité. Coopération. Solidarité. Bien-être durable. Respect de l’environnement.
Nous avons aussi constaté que la pratique des valeurs prend des formes très diverses. Par exemple, s’il y a un tournus pour le nettoyage que que la personne qui doit s’en occuper la semaine 8 a sa mère qui est hospitalisée cette même semaine, elle donnera la priorité à être auprès de sa mère. Et avisera peut-être de son indisponibilité, mais n’aura pas nécessairement le réflexe « solidaire » de se sentir responsable de trouver quelqu’un qui s’engage à la remplacer pour le nettoyage. Donc un budget mis en commun pour payer du nettoyage de base essentiel est à envisager. Du moins, nous l’avons fait, et ainsi personne ne se plaint de tournus stressant, de locaux mal nettoyés…
Pourquoi ? Car la méthode Ecopol, résultat de 20 ans d’expériences pratiques, a progressivement migré de l’esprit charte vers l’esprit engagement formel, à savoir un contrat « vérifiable ». Quel type de contrat ? Un contrat « social », au sens « projet de société cadré par des accords clairs ». Au-delà de la simple intention (de vivre ensemble, créativité, coopération…), nous avons développé des outils d’évaluation concrets pour définir comment être un acteur à part entière d’une éco-communauté membre du GEN et des ENOLL.
C’est le contrat social Ecopol. Il s’inspire d’autres contrats sociaux historiques et pratiques.
Rousseau, écrivain visionnaire, s’est inspiré de Venise et de Genève pour rédiger un contrat social. Plus récemment, les fondateurs de Debian, version principale des systèmes de logiciel libre, utilisée par la majorité des serveurs sur terre, ont formalisé le contrat social DEBIAN, régulant leurs relations socio-économiques, leur gouvernance participative.

A la Smala, sur la base de nos expériences pratiques de gestion de plus de 40 écohabitats sur 1993 à 2013, nous avons identifié trois piliers neuf critères spécifiques à un écohabitat durable. Ils sont présentés dans notre contrat social Ecopol. Leur point fort ? Ils sont particulièrement vérifiables. Si le contrat défini que nous nous engageons à participation à une réunion de 4h par mois, c’est vérifiable : t’es venu à la réunion, oui ou non ? T’es pas venu, tu t’es organisé pour contribuer un peu plus à l’organisation de la prochaine, ou non ? Voici le résumé de ce contrat social Ecopol, dont les détails sont dans ce PDF.

Les trois piliers : propriété coopérative des terres et maisons, sans spéculer ; écoconstruction pas seulement efficace énergétiquement mais aussi avec des matériaux naturels et des finitions décoratives poétiques ; intention de vivre ensemble, de s’améliorer, de se remettre en question pour évoluer ensemble vers la simplicité volontaire.

Les neufs critères (qui reposent sur ces 3 piliers) : être arrangeant et modéré, la période d’essai, le budget en commun, les réunions mensuelles, les contributions volontaires de 100-200heures par an, l’évaluation de la viabilité de l’éco-communauté, le service d’incubation de projets et de micro-entreprises, la mixité planifiée, des experts méritants pour bien démarrer.

Vous le voyez on ne parle ni de véganisme, ni de covoiturage, ni de logiciels libres. Car ces aspects sont abordé naturellement, et progressivement améliorés, si la « mécanique » relationnelle est bien posée, et permet fluidité, évolutivité et valorisation des idées et contributions les plus méritantes.

En accompagnant ainsi l’émergence d’une quarantaine de lieux temporaires sur 1 à 12 ans sur 1993 à 2013 (voir notre histoire et le livre Ecopol), nous avons pu constater que si certains de ces piliers ou critères ne sont pas pratiqués, il est difficile que l’éco-communauté se développe durablement. Et que si ces critères ils sont pris en compte concrètement, la dynamique est plus positive. Par exemple, la fréquence des réunions (une fois par mois plus des groupes de travail pour présenter les résultats à la réunion mensuelle) permet de jardiner les relations, préparer les réunions et garder chacun motivé (trop de réunions c’est épuisants, trop peu c’est source de perte de confiance).

Et bien sûr, restons conscient que malgré un cadre « contrat social » clair et précis, entre la théorie et la pratique il y a parfois des écarts. Il peut y avoir des secousses émotionnelles d’une seule personne qui manigance pour stigmatiser toute une dynamique plutôt que de l’aborder délicatement (notamment sur le point de mise en valeur des contributions de chacun une fois par mois), des départs fracassants, des clans parfois. Mais rarement. Et avec ce contrat social piloté par une équipe consciente et expérimentée, nous avons constaté que malgré les tensions (qui existent toujours plus ou moins), la communauté reste globalement très résiliente, heureuse, durablement. Ce contrat social, c’est surtout un outil magnifique pour dépasser les souffrances et les tensions, et conserver l’essentiel : le plaisir de partager de bons moments (repas, fêtes…), la conscience que ce nous perdons est modeste lorsque nous entrons dans un Ecopol, et que ce que nous gagnons est bien plus fort : convivialité, entraide, moments d’exceptions, apprentissages par l’action pratique, rencontres magnifiques, beaucoup de moments créatifs et artistiques, une meilleure stabilité économique et de santé (car on y mange bien!), et bien sûr la liberté de vivre à son rythme